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Rencontre avec un enseignant-chercheur de l'Université

Nicolas Abad, laboratoire CREAM

Enseignant-chercheur à l'UFR de Droit, Sciences économiques et Gestion, laboratoire CREAM

"L'idée principale est que la recherche en économie s'intéresse à un vaste champ thématique, très souvent avec une approche formalisée mathématiquement, parfois au-delà de ce qui ressemble à une question purement économique."

  • Pouvez-vous vous présenter vous ainsi que votre thématique de recherche ?

 

Mes travaux se situent essentiellement dans le cadre de la macroéconomie dynamique et visent à expliquer les causes des expansions et des crises économiques que peuvent connaître les économies dites avancées. Plus particulièrement, j’accentue le fait qu’en présence de règles d’équilibres budgétaires mises en place par les gouvernements, les anticipations des agents économiques peuvent être source d’instabilité macroéconomique. Actuellement, j’étends cette question aux situations dans lesquelles les entreprises possèdent un pouvoir de marché exerçant une pression à la baisse des salaires.

 

  • Quelle est l’articulation entre vos enseignements et la recherche ?

 

L’articulation se fait sous plusieurs formes. Tout d’abord, l’idée que les anticipations des agents économiques influencent les fluctuations économiques n’est pas nouvelle et remonte aux années 1930 ! Cela permet, dès la Licence, d’aborder des connaissances d’un point de vue de l’histoire des idées économiques sans délaisser la pertinence contemporaine de ces notions. Les problématiques de règles d’équilibre budgétaire et de pouvoir de marché des entreprises sont également des questions récemment remises au goût du jour. J’essaie donc de convaincre les étudiants de leur importance en intégrant dans mes cours les dernières avancées obtenues par la communauté scientifique.

 

  • En quoi consiste la recherche en Économie Gestion ?

 

L’idée principale est que la recherche en économie s’intéresse à un vaste champ thématique, très souvent avec une approche formalisée mathématiquement, parfois au-delà de ce qui ressemble à une question purement économique. Par exemple, il existe des champs très actifs où l’on étudie des questions d’éducation, d’environnement ou même géographique (la liste serait trop longue !)

D’un point de vue méthodologique, je travaille dans un cadre assez standard, la théorie macroéconomique, mais il existe également des travaux où les chercheurs vont plus questionner des problématiques avec de l’analyse des données. Plus récemment, on trouve aussi des approches plus expérimentales. Aucune des méthodes n’est supérieure à une autre et rien n’empêche, bien sûr, de combiner ces méthodes. Au contraire, c’est fortement encouragé.

 

  • Comment s’intègrent vos travaux de recherche sur le territoire normand ?

 

Du fait de mes thématiques, mes travaux ne s’intègrent qu’assez peu sur le territoire normand. Mais au sein de mon laboratoire, le CREAM (Centre de Recherche en Économie Appliquée à la Mondialisation), des collègues s’intéressent par exemple aux effets du Brexit sur certains secteurs économiques du territoire normand. Bien évidemment, les accidents industriels de 2019 amènent certains membres de l’équipe à se saisir de nouvelles questions.

 

  • Comment pourriez-vous encourager un étudiant qui souhaite poursuivre ses études dans les domaines de la recherche ?

 

Étudier l’économie, c’est tout d’abord s’ouvrir à des questions dont les réponses peuvent sembler a priori évidentes alors que c’est tout l’inverse, ce qui est très excitant a priori ! On y aborde des sujets se renouvelant, parfois, au rythme de l’actualité et touchant autant à la vie quotidienne que des questions centrales dans nos sociétés contemporaines.
C’est également une chance de se former à un ensemble large d’outils et de concepts mais aussi d’étudier et d’échanger avec d’autres champs scientifiques tout aussi riches.