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Rencontre avec un enseignant-chercheur de l'Université

Clément Medrinal, professeur des universités en Sciences de la rééducation et réadaptation

UFR Santé - Responsable du Master recherche, interprofessionnalité, formation et éducation en santé

"Au-delà de la production de données scientifiques, cette méthodologie permet l’innovation clinique et profitera aux patients. De plus, de nombreux enseignements sont dédiés à la valorisation, l’innovation, la formation et l’enseignement, ainsi qu’au raisonnement clinique."

Publié le 27/01/2026

  • Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre rôle au sein de l’université de Rouen Normandie ?

Je m’appelle Clément Médrinal et je suis professeur en Sciences de la rééducation et réadaptation à l’UFR (unité de formation et de recherche) Santé de l’université de Rouen Normandie. Il s’agit des nouvelles sections universitaires créées en 2019.

Au sein de l’URN (université de Rouen Normandie) d’un point de vue académique, j’enseigne notamment la méthodologie de recherche quantitative, les biostatistiques, l’éthique et la législation de la recherche sur la personne humaine. Je fais cela dans plusieurs départements de l’UFR. Je coordonne également une UE (unité d’enseignement) libre sur les sciences de la rééducation et réadaptation qui à ouvert en 2024. Et je suis également le responsable du nouveau Master Santé : Recherche, Interprofessionnalité, Formation et Education en Santé (RIFES) qui ouvre à la rentrée 2026.

D’un point de vue scientifique, je suis membre de l’unité de recherche GRHVN (UR3830 Groupe de recherche sur le handicap ventilatoire et neurologique), dirigée par le Pr Marie. Nous avons la force de travailler sur des données fondamentales ainsi que la possibilité d’effectuer des essais cliniques de plus grande envergure grâce à nos collaborations avec le CHU de Rouen ou le Groupe Hospitalier du Havre.

 

  • Vous avez un parcours impressionnant, avec de nombreux diplômes internationaux, une thèse passée en 2018 et une nomination en tant que PU seulement 6 ans plus tard. Pouvez-vous évoquer ce parcours en quelques mots ?

Dès mon diplôme d’état de kinésithérapeute en 2010, j’ai souhaité faire au mieux pour les patients. Mais pour cela, il me fallait une compréhension bien plus poussée des mécanismes physiologiques que ce que j’avais reçu dans mon cursus initial et surtout des réponses à des questions cliniques qui n’étaient pas disponibles dans la littérature. Travaillant dans un hôpital non universitaire à l’époque, sans soutien en méthodologie de recherche, il m’a fallu apprendre les indispensables pour m’y initier et me confronter au monde de la recherche clinique. J’ai profité du développement des Massive Open online courses qu’ont lancé de grandes universités américaines et australiennes. Pendant un peu plus de trois ans, je me suis inscrit à un maximum de ces cours en ligne. Les contenus étaient très denses mais les cours étaient en asynchrone, ce qui me permettait de les suivre après mon activité professionnelle. Il y avait un créneau horaire réservé, parfois hebdomadaire, parfois mensuel, pour les évaluations avec reconnaissance faciale et rapidité d’écriture pour que le diplôme soit validé.

Grace à ces contenus j’ai pu faire valider par VAE (validation des acquis d’expérience) mon Master et m’inscrire en thèse en 2015. Je l’ai effectuée à l’URN au sein de l’école doctorale nBise (ED normande de biologie intégrative santé environnement). En 2020 je suis parti trois ans à l’université Paris-Saclay. J’y ai passé mon HDR (habilitation à diriger des recherches) en 2021. En parallèle, je me suis rapidement investi dans les Instituts de Formations de Kinésithérapie ou j’y ai dispensé de nombreuses heures d’enseignements. J’ai été qualifié aux fonctions de professeur des universités en 2022 et j’ai obtenu un poste à l’URN en 2024.

 

  • Vous êtes également kinésithérapeute, spécialiste de la réanimation médico-chirurgicale et pneumologie. Parlez-nous de cette autre partie de votre métier.

C’est de cet investissement et expertise clinique que j’ai développé mon axe de recherche. Entouré d’autres professionnels passionnants, nous avons travaillé sur les conséquences musculaires des hospitalisations en réanimation ou des pathologies respiratoires et comment optimiser le sevrage de la ventilation mécanique des patients.

 

  • Pour la rentrée 2026, vous lancez un nouveau parcours de Master Santé. À quoi correspond-il ?

Ce Master recherche, interprofessionnalité, formation et éducation en santé répond aux besoins que nous avons observés localement et à la volonté de favoriser l’universitarisation des professions de santés qui ne le sont pas. Le Pr Éric Vérin, chargé de mission d’universitarisation des professions paramédicales, m’a sollicité pour l’aider à créer ce Master car de nombreux professionnels de formation rouennaise partaient effectuer des Master ailleurs et dans la continuité pour certains des thèses de sciences. La création de ce Master Santé est la passerelle entre le cursus de formation initiale et la possibilité d’accéder à un doctorat. Nous avons alors collaboré avec Céline Mahieu, maîtresse de conférences en Maïeutique, Loïc Martin, maître de conférences en sciences infirmières et le Pr Éric Vérin pour créer ce parcours. Son axe principal est la méthodologie de recherche.

 

  • Quels sont les avantages de ce Master ? Vers quoi les diplômés pourront-ils s’orienter ?

Selon moi son principal avantage est l’application pratique « au lit des patients » de tous les enseignements de recherche. Il est également transversal et interprofessionnels. Cela a été un choix important à faire pour notre équipe pédagogique. Plutôt que de cibler tel corps de métier ou tel discipline universitaire, je pense fortement que la recherche est une nouvelle langue à maitriser et qu’elle est identique que l’on soit médecin, rééducateur ou infirmier. Au-delà de la production de données scientifiques, c’est cette méthodologie qui permet l’innovation clinique et profitera aux patients. En plus de cette méthodologie, de nombreux enseignements sont dédiés à la valorisation, l’innovation, la formation et l’enseignement, ainsi qu’au raisonnement clinique. Enfin vu qu’il cible les métiers de la santé, nous nous sommes organisés pour qu’il soit le plus compatible possible avec le maintien de l’activité professionnelle. Ce parcours a d’ailleurs été très bien accueilli par les principaux Hôpitaux Normands (CHU Rouen, Groupe Hospitalier du Havre, La Renaissance Sanitaire à Évreux..)

Après ce master, les diplômés auront les méthodes pour innover en clinique et même diversifier leur pratique ou poursuivre vers le doctorat et la thèse de science.

 

  • Chaque année, de plus en plus d’étudiants suivent des études en masso-kinésithérapie. Quelle formation faut-il suivre ? Dans quels cours intervenez-vous ?

Pour devenir kinésithérapeute en France, il faut préparer le Diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute (DEMK). C’est désormais un parcours bac+5 qui confère le grade de Master.  Après le bac il faut faire une 1re année à l’Université. La voie la plus fréquente est PASS (parcours d’accès spécifique santé). Puis on entre en Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK), selon son classement.

La formation en IFMK correspond à 8 semestres avec enseignements et stages cliniques.

Deux IFMK sont en partenariat avec l’URN : L’IFMK de Rouen à l’ERFPS (espace régional de formation des professions de santé) et celui de La Musse (Renaissance Sanitaire) d’Évreux. J’interviens dans ces deux IFMK sur la méthodologie de recherche mais également sur des cours de spécialités cliniques, notamment la réanimation et la pneumologie.

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