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Rencontre avec Philippe Pareige

Philippe Pareige, professeur de physique des matériaux

Vice-président CR, champ Matériaux, Énergie, Numérique, Environnement, en charge du CAC restreint, du patrimoine immobilier et du centre d’études Olympiques CEROUEN

"C’est naturellement, sans question, ni hésitation que je me suis investi dans l’animation et le fonctionnement de notre établissement. C’est un saut d’échelle. Moi qui, dans la recherche regarde l’infiniment petit, il faut ici, dans ces fonctions, voir grand."

Publié le 23/04/2026

Philippe Pareige est à l’initiative du Raid 60 qui se tient le 29 avril et lance les festivités des 60 ans de l’Université.

 

  • Présentez-vous ! Quel est votre rôle au sein de l’université de Rouen Normandie ?

Je suis avant tout un enseignant-chercheur. J’enseigne la métallurgie physique et je suis co-responsable d’une Graduate school appelée Materials & Energy Sciences. Je pilote aussi un projet CMA (Compétences et métiers d’avenir) sur le nucléaire civil. En recherche je suis un spécialiste des sciences des matériaux et de la technique de la sonde atomique tomographique, au sein du laboratoire GPM (Groupe de physique des matériaux, UMR CNRS 6634). En d’autres termes les matériaux que j’étudie sont observés à l’échelle de l’atome.

Depuis 2021 en parallèle de ces activités, je suis membre de l’équipe de la présidence de l’établissement. Je suis aujourd’hui vice-président recherche en charge du champ matériaux, énergie, numérique, environnement. Je suis président du Conseil académique restreint, vice-président du patrimoine immobilier et vice-président en charge de l’olympisme et du paralympisme.

 

  • Avant d’évoquer la partie vice-présidence, parlez-nous de votre rôle d’enseignant-chercheur. Sur quels sujets de recherche travaillez-vous ?

Depuis 1992 je travaille sur les matériaux de structures des réacteurs électronucléaires. L’objectif est de comprendre pourquoi et comment ces matériaux vieillissent dans leurs environnements et être capable de prédire et anticiper leur durée de vie. Ces études ont aussi pour objectif d’améliorer les matériaux pour une tenue dans le temps plus longue et une sécurité accrue. J’ai également travaillé, depuis 2006, sur les matériaux utilisés pour les cellules photovoltaïques dans l’objectif d’améliorer leur rendement.

En parallèle de ces activités, je pilote depuis dix ans, un des cinq départements de recherche du laboratoire GPM, dans lequel nous mettons à profit notre savoir-faire de physicien des matériaux solides pour des études dans le domaine de la santé, la biologie, la catalyse ou encore des méthodes innovantes pour le recyclage. Je suis particulièrement impliqué dans la partie biologie/santé.

 

  • Vous êtes également vice-président CR, champ Matériaux, Énergie, Numérique, Environnement, en charge du CAC restreint, du patrimoine immobilier et du centre d’études olympiques CEROUEN. En quoi cela consiste exactement ? Quelles sont vos missions ?

Comme indiqué, mes activités à la présidence de l’établissement sont diverses. Concernant la recherche, avec deux collègues vice-présidents nous suivons les recherches et les évolutions de nos 38 laboratoires. Je suis en charge plus particulièrement des sept laboratoires liés aux thématiques mentionnées ci-dessus. C’est un accompagnement au quotidien dans les grand projets d’investissements avec l’acquisition de nouvelles technologies, dans les réponses aux appels à projets métropolitains, régionaux, nationaux ou européens, dans le suivi des ressources humaines et dans, globalement, le fonctionnement au quotidien.

En ce qui concerne l’Olympisme et le Paralympisme, j’ai initié en 2023, avec un collègue de l’UFR STAPS, la création d’un centre d’études et de recherches olympique au sein de notre établissement. Celui-ci a été labelisé par le CEO (Comité d’Études Olympiques) du CIO (Comité International Olympique) en aout 2023, comme CERO (Centre d’Études et de Recherche Olympiques). Je l’ai appelé tout simplement CEROUEN. Nous sommes aujourd’hui le deuxième CERO créé en France et un des 80 CERO dans le monde. L’objectif est de promouvoir, favoriser et faire rayonner toutes les recherches et les formations de notre établissement en lien avec l’Olympisme et le Paralympisme. Nous organisons annuellement, entre autres, la semaine Olympique et Paralympique (SOP).

Le suivi du patrimoine immobilier de l’établissement, est aussi, pourrions nous dire, un autre grand chantier ! 6 campus, 68 bâtiments, 245 000 m2 de surface utile brute sur un peu moins de 50 hectares de parcelles. Plus de la moitié de ces m2 sont dédiés à la formation, un quart à la recherche et un quart aux autres activités de l’établissement (administration, documentation, vie culturelle, installations sportives, restauration, …).  C’est donc un patrimoine immobilier multifonctions, d’âge variable selon l’année de construction dont il faut s’occuper : entretenir, adapter aux usages et aux énergies, agrandir, déconstruire… Mais il faut aussi mener une politique d’évolution, d’anticipation, de construction de projets structurants. Aujourd’hui, cela concerne par exemple le futur Learning Centre sur le campus de Mont-Saint-Aignan ou le bâtiment pour la formation d’odontologie sur le campus de Martainville. C’est un travail en flux continu avec la Direction de ressources immobilières de notre établissement, les collectivités locales ou les services de l’État.

Enfin le conseil académique en formation restreinte aux enseignants-chercheurs, est l’organe compétent de l’établissement pour l’examen des questions individuelles relatives au recrutement, à l’affectation et à la carrière des enseignants-chercheurs. Je dois donc assurer la préparation, avec la Direction des ressources humaines, l’animation et la présidence de ce conseil qui se réunit en moyenne deux fois par mois (hors période estivale) en présence des enseignants-chercheurs élus de la commission recherche et de la commission formation et vie universitaire.

 

  • Comment est né cet engagement pour l’URN ?

Après avoir obtenu mon doctorat, j’ai été recruté en tant que maître de conférences à l’URN. J’ai pu au sein de notre établissement développer ma recherche, avoir un rayonnement international, coconstruire et piloter des formations dans le domaine de la physique et des sciences de la matière, diriger le laboratoire GPM pendant 10 années… C’est donc naturellement, sans question, ni hésitation que je me suis investi dans l’animation et le fonctionnement de notre établissement. C’est aussi un saut d’échelle. Moi qui dans la recherche regarde l’infiniment petit, il faut ici, dans ces fonctions, voir grand…

 

  • Ce 29 avril aura lieu le Raid 60, lancement des célébrations des 60 ans de l’Université. Pouvez-vous nous parler de cet événement que vous portez ?

L’objectif de cette première journée de la période de célébration des 60 ans de notre établissement était de mettre en place une action qui touche tous les personnels et usagers de nos six campus. Tous ensemble, le même jour, d’Évreux, à Mont-Saint-Aignan, en passant par Elbeuf, Saint-Etienne-du-Rouvray et Rouen. C’est un évènement rare à organiser, peut être la première fois ! L’idée sur cette journée est triple.

Premièrement, relier humainement les six campus en créant le Raid 60. C’est donc à vélo (60km), puis en course à pied (13km) puis en marche (7km) que ceux que l’on nomme les Raiders relieront les six campus. Certains feront les 80 km, comme moi, d’autres la distance de leur choix. Ce n’est pas une course, ni une compétition, c’est un lien humain entre les six sites géographiques de notre établissement.

Deuxièmement, à chaque passage des Raiders sur les campus, un temps sportif et musical est déclenché. Des équipes pourront se défier sur des vélos statiques pendant une heure afin de réaliser le plus de kilomètres possibles. Des groupes musicaux de nos étudiants et/ou de nos personnels diffuseront un fond sonore à l’évènement et seront mis à l’honneur.

Troisièmement, à l’arrivée des Raiders sur le dernier campus à Mont-Saint-Aignan, les six campus auront été traversés et reliés, les défis sur les vélos statiques seront terminés et l’on connaitra l’équipe qui aura réalisé le plus de kilomètres. La célébration des 60 ans de l’Université sera lancée et se prolongera par un concert ou à nouveau des groupes musicaux d’étudiants de notre établissement seront mis à l’honneur aux côtés de groupes à plus larges reconnaissances.

C’est donc sport, musique, cohésion qui démarrent cette période de célébration des 60 ans de notre établissement.

 

  • Pourquoi avoir fait le choix de cet événement à la fois sportif et festif pour lancer les 60 ans ?

Le côté sportif doit venir de ma pratique régulière du sport. Je suis, en dehors de l’Université, président d’un club de trail et marche nordique. Je pratique l’ensemble, jusqu’à l’ultra-trail. Le sport est aussi un bon vecteur pour fédérer et motiver. La musique est un autre moyen pour mettre en avant nos talents cachés au sein de l’établissement. Spontanément un bon nombre de groupes d’étudiants, de personnels ou mixtes se sont proposés et cela a été une belle surprise. La dynamique ressentie et enclenchée autour de cet évènement permet de peut-être imaginer le Raid 61, le Raid 62… comme un évènement de cohésion à chaque rentrée universitaire à l’URN.

 

  • C’est un événement qui demande une grande organisation et une importante logistique. Comment a-t-il vu le jour et a-t-il été organisé par la suite ?

C’est en effet une organisation très lourde et qui ne peut se faire que collectivement. Cela fait sept mois que nous portons ce projet avec l’appui du CEROUEN, du SUAPS, des responsables administratifs et techniques des six campus, de la Direction de la communication, de nos partenaires tels le CROUS, l’agence l’Échappée-Belle, l’Institut de Régional de Médecine du Sport et de la Santé pour ne citer qu’eux, des services des mairies, de la préfecture, de la police, de la croix rouge, des sauveteurs nageurs… la liste est quasi infinie. L’organisation de l’évènement a été, en soi, un beau vecteur de cohésion. À quelques heures du lancement du Raid 60 et des 60 ans de l’Université, excitation et légère appréhension se mêlent, à l’image de ces moments en recherche ou face à une copie d’examen.