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Rencontre avec une étudiante de l'Université

Cyrielle Brochard, gagnante du Tremplin Phénix Normandie 2026

UFR Lettres et sciences humaines

« Le Tremplin Phénix est tout d’abord l’opportunité pour les étudiants musiciens de Rouen de se former à une première expérience de « grande » scène. C'est probablement ce qui nous a le pluz fait évoluer en tant que groupe. »

Publié le 16 mars 2026

 

  • Présentez-vous !

Je m’appelle Cyrielle Brochard, j’ai 26 ans et je suis actuellement en première année de Master DPEC (Direction de projets et établissements culturels) à l’université de Rouen Normandie. Mon parcours universitaire est assez tortueux puisque j’ai d’abord suivi une licence en langues littératures et civilisations étrangères à l’université de Caen, effectué une mobilité Erasmus pendant ma L3, et obtenu mon diplôme. Plutôt nostalgique de la musique que j’avais quelque peu abandonné lors de ma rentrée en L1 en 2018, j’ai pris la décision de tout reprendre à zéro en m’inscrivant en 2022 en licence musique et musicologie à Rouen. Après l’obtention de cette licence, j’ai eu la chance de pouvoir poursuivre mes études en master DPEC.

À côté de tout cela, je suis musicienne depuis toujours. Je pratique le violon depuis l’âge de 8 ans, instrument avec lequel j’ai effectué un parcours au conservatoire jusqu’à mon entrée en études supérieures. J’ai aussi commencé à apprendre mes premiers accords de guitare dès mes 16 ans, de façon autodidacte : grande fan du groupe Muse et des Foo Fighters à l’époque, j’avais déjà le rêve de constituer un groupe de rock. Puis en 2023 je me suis acheté une basse pour tester, et ça a été le coup de foudre !

Cumuler ma passion avec ma formation c’est génial. La licence musicologie m’a aide à la compréhension du fonctionnement de la musique dans tous ces genres, et m’aide beaucoup à la création. Quant au Master DPEC, il m’aide pour tout ce qui relève du développement et de la structuration du projet Calling Station, le nom de mon groupe. Tout cela me permet de me constituer un bagage solide pour l’avenir.

 

  • Pourquoi avoir choisi de suivre cette formation ?

À l’origine, je m’intéressais beaucoup à obtenir un diplôme universitaire de musicien intervenant. Mais avec l’abandon progressif de la pratique du violon pendant quelques années, l’accès au concours est devenu plus compliqué que je ne l’avais imaginé, notamment parce qu’il demande une pratique instrumentale assez solide que je n’avais plus à cette époque. Le aster DPEC m’est alors apparu comme une très bonne alternative, parce qu’on y retrouve justement des aspects qui m’attirent, la médiation culturelle notamment. C’est avant tout le partage de savoirs, et plus largement l’idée de rendre la culture accessible à toutes et tous.

En parallèle, avec le projet Calling Station qui commençait à naître, j’ai aussi découvert tout un ensemble de métiers qui gravitent autour des projets culturels : la production, la communication, la coordination de projets, la diffusion, l’accompagnement artistique, le travail éditorial. Comme je suis une personne curieuse, j’ai toujours apprécié les arts au sens large, évidemment la musique, mais aussi les arts plastiques ou la littérature. Au final, c’était une chouette opportunité de développer davantage de connaissances dans ces domaines. Enfin la diversité des débouchés proposés me plaît beaucoup. Comme je crains toujours de m’ennuyer dans ma vie professionnelle, ces multiples perspectives me correspondent plutôt bien.

 

  • À côté de vos études, vous êtes donc membre du groupe Calling Station. Pouvez-vous nous en parler ?

Calling Station est un groupe de rock alternatif aux influences très variées, car il faut savoir que nous venons tous d’univers musicaux très différents. L’idée de créer un groupe de musique est née en février 2024 lorsqu’avec notre guitariste Maxime nous écoutions le groupe rouennais We Hate You Please Die. Je venais de commencer à apprendre la basse, et lui est un super guitariste. De là, nous avons recruté notre chanteur Pierre et notre ancien batteur Mathieu, tous deux également en licence de musicologie. Notre premier concert à eu lieu lors du Tout Petit Festival organisé au Jardin des plantes de Rouen en août 2024 où nous avons proposé nos premières compositions. Notre deuxième guitariste Manuel est arrivé peu de temps après.

Nous avons eu beaucoup de chance dans les opportunités qui nous ont été proposées en 2025, notamment avec la possibilité de jouer sur la scène du Trianon Transatlantique grâce à l’évènement La FEDE’R a un incroyable talent, puis sur la grande scène devant la cathédrale à En Roue(n) libre. Après un long été à peaufiner nos compositions, à recentrer nos inspirations, à travailler sur la cohérence artistique de ce qu’on pouvait proposer, nous sommes revenus à l’automne dernier avec un projet peut-être plus concret et construit, et notre nouveau batteur Tom. Il nous a été proposé de participer à un 106 Expérience en décembre dernier et à l’enregistrement d’un double single avec le label Alt DSL en janvier. Parallèlement à tout cela, nous avons aussi commencé les démarches pour nous inscrire au Tremplin Phénix 2026.

 

  • Vous venez justement de prendre part et remporter le Tremplin Phénix Normandie. Qu’est-ce que cette compétition ?

Le Tremplin Phénix Normandie est tout d’abord l’opportunité pour les étudiants musiciens de Caen, Le Havre et Rouen de se former à une première expérience de « grande » scène.  L’évènement prend la forme d’une sorte de concours entre plusieurs groupes présélectionnés par un jury composé de professionnels de la culture, d’étudiants et d’enseignants. Pour ce qui est de l’édition rouennaise, une soirée est consacrée à la présentation de ces groupes sur scène, avec des sets de 15 à 20 minutes, puis d’un vote à la fois du jury et du public. Les lauréats obtiennent plusieurs prix, dont une tournée en Normandie en compagnie des vainqueurs du Havre et de Caen.

 

  • Comment en avez-vous entendu parler ?

J’ai entendu parler du Tremplin Phénix très tôt, lorsque j’ai commencé mes études à Caen en 2018 grâce à ma grande sœur lors d’une discussion assez informelle sur les évènements musicaux de la ville. C’est véritablement en 2022 que je md suis penchée un peu plus dessus puisqu’un ami faisait parti du groupe lauréat de Caen, Les Fées Cosmiques. Je me rappelle être allée voir leur finale à la maison de l’étudiant, puis leur passage à la Maison de l’Université lors de leur tournée à mon arrivée à Rouen. Ensuite c’est Maxime, notre guitariste, qui a remporté le tremplin à Rouen en 2024 lorsqu’il faisait encore partie du groupe Atuva.

 

  • Parlez-nous de cette expérience. Que vous a-t-elle apporté ?

L’expérience du Tremplin Phénix est probablement celle qui nous a fait le plus évoluer en tant que groupe. Nous avions déjà essayé de candidater pour l’édition 2025 mais n’avions pas été sélectionnés par le jury, le groupe étant beaucoup trop jeune. Il me semble que cet échec fut un élément déterminant pour nous : l’objectif de réussir, ne serait-ce que les présélections, ne nous a jamais vraiment quitté durant toute l’année qui a suivi, et nous a permis de faire mûrir notre projet qui, avec du recul, était effectivement encore trop à ses débuts. Cette année de travail nous a permis d’affiner notre identité musicale, de mieux comprendre notre fonctionnement en tant que groupe et de consolider notre projet avant de retenter l’aventure. Ensuite, ce qui s’est passé sur scène n’était que du bonus.

 

  • Et maintenant que vous avez remporté ce concours, quelle est la suite ?

Nous attendons très prochainement la sortie de notre double single Alt DSL, puis peut-être quelques autres surprises, mais c’est secret !