Rencontre avec une enseignante-chercheuse de l'Université
Publié le 13 mai 2026
Delphine Vergoz est en coordinatrice du festival Pint of science qui se déroulera du 18 au 20 mai 2026. Elle participe également à l’exposition « 60 visages » organisée dans le cadre des 60 ans de l’URN.
- Présentez-vous ! Quel est votre rôle au sein de l’université de Rouen Normandie ?
Je suis maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie, et plus précisément à l’IUT de Rouen, au sein du département Chimie.
Mon métier repose sur deux piliers complémentaires : l’enseignement et la recherche. J’enseigne donc la chimie analytique à l’IUT, et je mène mes travaux de recherche au sein de l’institut CARMeN, dans l’équipe Analyse et Modélisation. J’aime dire que j’ai « deux casquettes » qui se nourrissent l’une l’autre.
- Vous avez un parcours atypique. Pouvez-vous nous en parler ?
Effectivement, on me décrit souvent comme ayant un parcours atypique. Pourtant, de mon point de vue, il s’est construit progressivement, étape par étape, guidé par les rencontres que j’ai eu la chance de faire.
Dans les grandes lignes, mon parcours a débuté par un baccalauréat professionnel, suivi d’un BTS et d’une licence, tous deux réalisés en apprentissage. J’ai ensuite poursuivi avec un master, une année de césure, un poste d’ingénieure d’étude, puis un doctorat. Ce sont surtout mes stages et mes expériences professionnelles qui ont marqué mon chemin : j’y ai rencontré des personnes passionnées et inspirantes. Ces rencontres ont été déterminantes : elles m’ont donné l’élan nécessaire pour poursuivre mes études, aller toujours plus loin et croire en moi.
- Sur quoi portent vos recherches ?
Je suis spécialiste de chimie analytique. Mes recherches visent à mieux comprendre les systèmes vivants à travers une approche moléculaire. En d’autres termes, j’étudie comment les molécules interagissent, évoluent et renseignent sur l’état ou le fonctionnement d’un organisme. C’est un domaine à la croisée de la chimie, de la biologie et de la santé.
- Avant de vous investir sur Pint of science, vous avez été lauréate du prix Johnson & Johnson et participé aux Cordées de la réussite. Pourquoi la médiation scientifique a une place aussi importante pour vous ?
Le prix Johnson & Johnson a été un déclic. Il m’a fait prendre conscience que mon parcours, que je pensais simplement personnel, pouvait en réalité résonner chez d’autres, notamment chez des jeunes qui ne se reconnaissent pas dans les parcours académiques classiques.
Lorsque l’IUT m’a sollicitée pour témoigner en tant que femme scientifique en chimie, j’ai réalisé aussi à quel point cette discipline souffrait encore de préjugés.
Pendant les Cordées de la réussite, les lycéens étaient souvent surpris de découvrir ce parcours « atypique » et de constater que, malgré des débuts difficiles, j’avais pu suivre ce qui me passionnait.
Aujourd’hui, je continue ces actions, et je m’investis également dans la diffusion de la recherche auprès du grand public. Pour moi, c’est une dimension essentielle du métier d’enseignant-chercheur : transmettre, expliquer, rendre accessible. Et d’autant plus dans le contexte actuel, il me semble crucial que chacun puisse comprendre les enjeux scientifiques qui façonnent le monde de demain.
- Vous êtes en charge de l’organisation de l’événement Pint of science. Expliquez-nous-en quoi il consiste.
Pint of Science est un événement international qui vise à sortir la science des laboratoires pour la partager dans des lieux conviviaux, comme les bars.
À Rouen, nous sommes une équipe de bénévoles avec différents rôles :
- Des « manager d’évent’ » qui se compose d’une quinzaine de personnes (master, doctorant, postdoc..)
- Des intervenants au nombre de 36 recrutés cette année, qui nous présenterons leurs recherches
- Des coordinateurs pour la ville : Alexis Imbert, doctorant au LITIS, et moi-même.
Le rôle du coordinateur est d’assurer la liaison avec l’équipe nationale et d’échanger avec les différentes institutions, sponsors et acteurs locaux afin d’obtenir leur soutien. Cette année, nous avons par exemple établi un partenariat avec l’OMNIA pour offrir des places de cinéma, ainsi qu’avec l’Atrium, qui nous ouvre ses locaux le lundi et met à disposition des places familles pour découvrir les expositions en cours.
Nous avons également travaillé avec la Métropole de Rouen pour la diffusion de la communication dans les transports en commun, avec l’Université pour l’impression des affiches et le prêt de matériel audiovisuel, et avec l’INSA de Rouen, qui finance l’achat de livres de vulgarisation scientifique choisis par les intervenants et offerts au public.
Au‑delà de ces partenariats, la mission essentielle du coordinateur est d’accompagner l’équipe de bénévoles afin que l’événement se déroule dans les meilleures conditions.
Ce rôle nourrit aussi ma propre activité de recherche : il m’offre une vision d’ensemble des thématiques scientifiques présentes sur la métropole rouennaise et m’inspire de nouvelles pistes de collaborations.
- L’an dernier, cet événement a été un vrai succès. Êtes-vous partie sur les mêmes bases ou est-ce qu’il y a des nouveautés ?
Nous avons conservé la formule qui a fait ses preuves : comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne !
Il y a tout de même une belle nouveauté cette année : la diversité des disciplines représentées. Nous accueillons désormais des intervenants en psychologie, en histoire, en lettres modernes… Des domaines essentiels pour la société, mais qui n’étaient pas du tout présents l’an dernier. Cette ouverture enrichit énormément l’événement.
- Pouvez-vous nous donner des exemples de conférences qui auront lieu ?
Avec plaisir !
Le lundi 18, rejoignez‑nous pour la soirée « Les femmes et les enfants d’abord ». Nous y explorerons la place des femmes dans la diplomatie ainsi que la manière dont les enfants questionnent le sens de la vie. Camille Péré-Fam et Mathilde Alazraki partageront leurs travaux, aussi surprenants que captivants.
Le mardi 19, ne manquez pas la conférence d’Anthony Falluel‑Morel et de Louna Soule. Ils parleront des effets de l’alcool sur la grossesse — souvent méconnus — et feront un point sur les recherches actuelles concernant l’endométriose et la pratique sportive.
Le mercredi 20, Audrey Desanglois Delaune nous initiera à l’observation des manuscrits médiévaux pour mieux saisir leur histoire. Ensuite, Cyriaque Lebouvier nous montrera comment la politique peut se jouer… entre le fromage et le dessert.
Inscriptions et informations
Retrouvez toutes les informations concernant le festival Pint of Science
Inscriptions sur le site Pint of Science