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Rencontre avec un étudiant de l'Université

Léonard Pasty, étudiant de retour de césure

UFR Lettres et sciences humaines

« Parmi toutes les compétences que cette expérience m’a apportées, celle de la confiance en moi est sans doute la plus franche. Me savoir capable d’enseigner le français à des étrangers, en utilisant avec fluidité l’anglais comme langue support, deux domaines qui ne sont pas ma spécialité, est une véritable fierté. »

Publié le 03 juin 2026

 

  • Présentez-vous !

Je m’appelle Léonard Pasty. J’ai 24 ans et je viens de finir mon année de M1 en lettres à l’université de Rouen Normandie. Après l’obtention d’une licence de lettres modernes à l’URN, j’ai fait une césure de 6 mois.

 

  • En quelques mots, présentez-nous votre césure.

Pendant cette césure, j’ai été assistant de langue française au Royaume-Uni dans un lycée gallois de la périphérie de Cardiff.

 

  • Comment avez-vous eu connaissance du dispositif « césure » au sein de l’établissement ?

Au milieu de ma L3, un mail de l’Université m’a fait découvrir l’existence de ce programme d’assistant de langue française à l’étranger organisé par « France Education Internationale » (FEI). Je cherchais un moyen de partir vivre une expérience à l’étranger, sans faire un Erasmus qui n’aurait pas trop collé avec mes études de littérature française. Ce dispositif, rémunéré, s’est trouvé être la parfaite réponse à mon désir et mes besoins.

 

  • Avez-vous bénéficié d’un accompagnement, qu’il soit pédagogique, administratif ou financier ?

J’ai été reçu par le référent du programme à l’Université afin d’évaluer mon niveau d’anglais et il a pu appuyer ma candidature auprès de FEI. Administrativement et pédagogiquement, j’ai été aidé par le British Council ainsi que par mon établissement d’accueil à Cardiff. Financièrement, je n’ai pas reçu d’aide spécifique mais l’emploi était rémunéré un peu plus de 1000 £ pour 8h d’enseignement par semaine.

 

  • Pouvez-vous nous raconter plus en détails votre projet de césure ? Qu’avez-vous fait ? Comment se sont passés ces mois ?

Sur place, les deux professeures de français de l’établissement m’ont assigné le rôle suivant : avec les Y12 et Y13 (Première et Terminale) qui ont choisi le français comme spécialité (4h par semaine), mener des séances en face à face ou en groupe de deux, l’essentiel étant de leur faire pratiquer l’oral ainsi que de répondre à leurs besoins en grammaire. Autant dire des conditions de travail extrêmement privilégiées, qui se sont maintenues tout au long de mon contrat. Dans les faits, j’avais carte blanche dans mes séances. Si bien qu’après avoir évalué le niveau de chacun de mes élèves, niveau très hétérogène mais globalement supérieur à mes attentes, je n’ai pas hésité à varier les plaisirs d’apprentissage.

Les conditions de cours particulier m’ont permis – plus qu’elles ne m’ont forcé – d’être très adaptable pour optimiser au mieux l’enseignement avec chaque profil d’élève. Certains, en général les moins bons, étaient très focalisés sur leurs examens et souhaitaient multiplier les entrainements oraux et écrits pour se préparer au mieux ; d’autres étaient contents de se voir proposer des activités qui sortaient de l’ordinaire. Les chansons françaises, la presse, mais aussi la littérature classique ont été mes meilleurs alliés pour proposer du contenu stimulant. J’ai ainsi pu développer une véritable relation de confiance avec mes élèves, et l’enthousiasme qui m’habite pour leur parler de sujets qui m’intéressent profondément a souvent été reçu avec un enthousiasme réciproque. Bien sûr tout n’était pas parfait. Parfois, je m’emportais dans mes ambitions, proposant des exercices trop difficiles qui mettait en défaut leur apprentissage et mon enseignement. Parfois, ils étaient absents, parfois ils étaient moins motivés et manquaient de rigueur ou d’attention. Mais dans l’ensemble, et c’est ce que je réponds en premier dès qu’on me demande comment s’est déroulée cette expérience, le bonheur du temps passé en compagnie des élèves fut la partie la plus extraordinaire de ce voyage. Les voir progresser, les voir apprécier ce que je leur proposais, fut le plus beau des salaires et cela m’a conforté dans mon désir d’enseigner.

 

  • Maintenant que vous êtes de retour à l’Université, quels ont été les bénéfices que vous retirez de cette expérience ?

Parmi toutes les compétences que cette expérience m’a apportées, celle de la confiance en moi est sans doute la plus franche. Me savoir capable d’enseigner le français à des étrangers, en utilisant avec fluidité l’anglais comme langue support, deux domaines qui ne sont pas ma spécialité, est une véritable fierté. Mieux construire des cours, gagner en vitesse de préparation, améliorer la pertinence de mon enseignement sont d’autres compétences que j’ai pu développer durant l’année. Paradoxalement, mon anglais n’a pas progressé autant qu’on pourrait le penser. J’ai certes gagné en fluidité et en automatisme, mais j’ai acquis moins de vocabulaire qu’en lisant des romans en langue originale ou en travaillant de manière plus théorique. Néanmoins, j’ai désormais acquis la certitude de mon autonomie linguistique. Dans cette expérience centrée autour du travail, je retiens donc particulièrement les rencontres humaines avec mes élèves ainsi qu’avec les membres du corps enseignant. J’ai sans doute moins voyagé que ce que beaucoup auraient fait dans mon cas, je n’ai presque pas arpenté les terres britanniques, mais c’est un choix assumé que je ne regrette en rien. J’ai profité de mon temps libre pour beaucoup lire comme je l’avais prévu. Et me ressourcer, après trois années de licence et avant deux années de Master et une de préparation à l’agrégation, m’a semblé une optimisation pertinente.

 

  • Est-ce que depuis, cela n’a pas été trop difficile de reprendre vos études ?

Pas vraiment. Évidemment je repense avec une certaine nostalgie à cette expérience unique, mais je suis aussi ravi d’être revenu pour continuer d’apprendre, avec une certaine impatience d’enseigner à mes futures et futurs élèves françaises et français. Mes élèves galloises et gallois ont mes coordonnées et j’ai reçu des nouvelles de quelques-unes et quelques-uns, ça permet de conserver du présent au milieu des souvenirs.

 

  • Conseillerez-vous à d’autres étudiants de se lancer ?

Absolument ! Pour toutes les raisons évoquées et en dépit des démarches initiales que cela peut représenter. Toutes les expériences à l’étranger sont certainement édifiantes. Mais celle-ci, par rapport à un Erasmus, permet de prendre son temps en étant payé pour développer des compétences dans des conditions idéales ; elle n’empiète pas sur le socle commun d’une formation de licence qui, quand elle n’est pas conçue pour un voyage à l’étranger, a besoin de son entièreté pour trouver sa pertinence. Tous les autres assistants de langue que j’ai rencontrés ont eu une expérience aussi positive que la mienne. Il semble donc y avoir consensus : lancez-vous !

La césure

La campagne de césure 2026/2027 est lancée !

N’hésitez pas à consulter le portail étudiant pour en savoir plus.