La promesse que l’école fait aux près de 12 millions d’élèves qui la fréquentent, du premier au second degré, c’est celle d’une égalité d’accès aux savoirs. Chacun y disposerait des mêmes chances, et l’institution ne reconnaîtrait autre chose que le travail ou les qualités intellectuelles. C’est le cœur du principe méritocratique.
Pourtant, il y a maintenant plus de cinquante ans, dans la Reproduction, un ouvrage devenu classique, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron établissaient que ce principe masque les inégalités de réussite, objectivement dépendantes du milieu social d’origine. Les travaux sociologiques contemporains montrent que si l’idéal du mérite a évolué, il continue à faire admettre les différences de réussite à l’école.
Dans un contexte où les lycéens protestent contre le manque de moyens et les inégalités des procédures d’orientation, revenons sur ce que ces recherches nous apprennent des inégalités scolaires, dans la lignée de notre ouvrage collectif sur les mécanismes de reproduction sociale au XXIᵉ siècle.