Deux enseignants-chercheurs de l’université de Rouen Normandie rejoignent l’IUF
Une enseignante-chercheuse et un enseignant-chercheur de l’Université de Rouen Normandie, Irène Marcovici et Ludovic Seifert, viennent d’être nommés membres de l’IUF (Institut universitaire de France), la première comme membre junior au titre de la chaire fondamentale, et le second comme membre senior au titre de la chaire innovation. Entre 2026 et 2031, ils seront déchargés des deux tiers de leurs enseignements, pour leur permettre de consacrer davantage de temps à la recherche et ils bénéficieront de financements dédiés. Grâce à cette nomination, le lauréat et la lauréate vont donc pouvoir aborder leurs recherches de manière plus sereine, dans des conditions privilégiées. Ils rejoignent plusieurs enseignants-chercheurs de l’URN déjà membres de cette institution.
Ludovic Seifert
Ludovic Seifert est enseignant-chercheur en STAPS à l’université de Rouen Normandie. Il travaille notamment en neurosciences comportementales, sur les actions et interactions motrices. « J’étudie comment nous apprenons et par quels chemins nous passons pour y arriver chez les sportifs et sportives de hauts niveaux, leur capacité d’adaptation dans un environnement avec des incertitudes élevées, des performances non homogènes et un entraînement non routinier », ajoute-t-il. Dans le cadre du projet Neptune, lui et son équipe ont développé des moyens de mesures précises et rapides pour analyser le nageur ou la nageuse au sein de son milieu de pratique. L’objectif ? Fournir un feedback sur les performances de l’athlète le jour même. Il complète : « nos six capteurs de mouvement ont mesuré les variations de vitesse, mais aussi la technique de nage comme la coordination motrice afin de comprendre la gestion de l’allure et de l’effort pour que l’athlète dirige mieux sa course ». Chez les paranageurs et paranageuses qui ont un handicap unilatéral, cela permet de saisir comment cette asymétrie peut amener à un déséquilibre dans la nage. En fonction du niveau et de la nature du handicap, différentes stratégies vont être employées pour améliorer les performances. Le chercheur et son équipe vont ensuite étudier ce que cela change chez l’athlète au niveau de la perception de son corps, s’il va réussir à désapprendre pour réapprendre, à s’adapter.
Déjà lauréat de l’IUF les cinq dernières années, Ludovic Seifert est à nouveau membre, cette fois-ci dans la catégorie Innovation afin de valoriser ses recherches précédentes à destination des collectivités locales, des fédérations et développer des formations pour les cadres et entraîneurs et entraîneuses. Un projet de startup visant à analyser la performance et la technique de nage verra également le jour.


Irène Marcovici
Irène Marcovici est enseignante-chercheuse au Laboratoire de Mathématiques Raphaël Salem à l’université de Rouen Normandie. Ses recherches, de nature fondamentale, relèvent de la théorie des probabilités et des systèmes dynamiques. En particulier, certains de ses travaux sont liés à des questions de percolation : on colorie au hasard chaque case d’une grille en rouge ou en bleu, en faisant un tirage à pile ou face pour choisir la couleur. « À quoi vont ressembler les chemins sur la grille ? Peut-on trouver un chemin infini qui n’emprunte que des cases bleues ? » Malgré sa simplicité, ce modèle et ses variantes soulèvent des problématiques mathématiques difficiles. « Les objets que je manipule sont faciles à simuler et à représenter, mais il existe assez peu d’outils pour répondre aux questions que nous nous posons », précise la chercheuse. Le domaine est relativement récent et lié à l’essor de l’informatique. Parmi les motivations de ses travaux, on peut ainsi mentionner l’étude de la robustesse aux erreurs de modèles de calculs, ou encore la conception d’algorithmes d’auto-organisation pour des réseaux. Certaines questions sont également liées à des modèles de physique statistique. Grâce à cette nomination à l’IUF, Irène Marcovici pourra non seulement bénéficier de conditions privilégiées pour développer ses recherches, mais aussi consacrer davantage de temps à un projet qui lui tient à cœur : la valorisation des femmes en sciences. « Il y a encore trop peu de femmes mathématiciennes et d’étudiantes dans les filières de mathématiques. De nombreux stéréotypes persistent et il faut les rendre visibles pour être capable de les dépasser ». À travers des conférences dans des lycées, des rencontres entre élèves et femmes ingénieures ou chercheuses, elle souhaite montrer aux filles que les études de mathématiques sont aussi une vraie option pour elles, menant vers une grande variété de métiers, y compris en rapport avec des problématiques actuelles comme la transition écologique ou la santé.
Date de publication : 27/05/26