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Rencontre avec une enseignante-chercheuse de l'Université

Marie-Laure Follet-Gueye, laboratoire Glyco-MEV

Enseignante-chercheuse au laboratoire Glyco-MEV, titulaire d'une HDR ( Habilitation à Diriger les Recherches )

« Le fait d’enseigner me demande un certain recul et un enrichissement en connaissances que je peux ensuite intégrer à mes recherches. »

L’université de Rouen Normandie a travaillé avec des étudiantes du master Ingénierie de la Santé, Analyses et Qualité en Bio-Industries, dans le cadre de la gestion de projet, pour valoriser les activités de recherche de trois laboratoires, et les personnes qui les font vivre : ECODIV, Glyco-MEV, CETAPS.

Issue d’un milieu agricole, Marie-Laure Follet-Gueye est passionnée de biologie végétale depuis son plus jeune âge. Elle est actuellement enseignante-chercheuse (Maître de conférences) à l’université de Rouen Normandie au sein du laboratoire Glyco-MEV.

Destinée, à l’origine, à faire des études courtes, Marie-Laure Follet-Gueye poursuit un cursus à l’université de Tours. À la suite d’un stage effectué en recherche, elle se tourne finalement vers des études plus longues en physiologie végétale.

Après un DEA (Diplômes d’Études Approfondies) à l’université de Nancy, elle postule à une offre de thèse à l’université de Rouen Normandie basée sur le suivi de l’activité cambiale (cambium qui assure la pérennité des arbres) chez le hêtre. Elle soutient en 1997 et devient docteur.

Marie-Laure Follet-Gueye saisit ensuite l’opportunité d’effectuer un post-doctorat d’un an à l’université de Jussieu à Paris. Le travail étant la continuité de sa thèse, elle acquiert davantage de compétences en imagerie cellulaire et microscopie (optique et électronique) et développe un intérêt pour l’étude des polysaccharides végétaux.

À la suite de ce post-doctorat, elle est recrutée sur un poste d’enseignant-chercheur en septembre 1999 à l’université de Rouen. En 2014, elle décroche le plus haut diplôme universitaire : l’Habilitation à Diriger la Recherche (HDR) permettant d’encadrer un doctorant.

« Le rôle d’enseignant-chercheur, j’y vois un aspect positif et négatif... »

  • Comment percevez-vous votre rôle d’enseignant-chercheur ?

« J’y vois un aspect positif et un aspect négatif. Je pense que ce sont deux métiers qui se connectent bien. Le rôle d’enseignant me permet de transmettre aux étudiants mes connaissances et pratiques acquises pendant mes recherches et vice versa. En effet, le fait d’enseigner me demande un certain recul et un enrichissement en connaissances que je peux ensuite intégrer à mes recherches. Pour l’aspect négatif, ce sont deux fonctions lourdes à gérer, il est nécessaire de trouver le bon équilibre pour ne pas être débordée rapidement. »

Concernant ses recherches, elle anime avec Maïté Vicré un des trois axes du laboratoire Glyco-MEV qui porte sur la défense des végétaux et plus particulièrement sur l’immunité au niveau du système racinaire des plantes. Le thème fondateur du laboratoire étant les glycomolécules, elles vont cibler celles de la racine (exsudats et piège extracellulaire de racine) pour comprendre leur rôle dans la mise en place des processus de défense dans cette partie de la plante.

Ces approches nécessitent l’utilisation d’outils tels que l’imagerie par la plateforme PRIMACEN. Marie-Laure Follet-Gueye est co-responsable du service microscopie électronique à transmission, étant experte dans les techniques de préparation optimale des échantillons de végétaux (cryopréparation, cryoultramicrotomie…).

  • Portez-vous des projets à l’échelle locale, nationale ou internationale ?

« J’ai eu la chance de participer à un projet de dermocosmétique à l’échelle locale, dont le but était de montrer l’intérêt en tant que principe actif de glycomolécules de plantes dans les cosmétiques.

J’ai aussi récemment travaillé sur un programme international appelé « la Grande Muraille Verte », ayant pour objectif de reboiser une zone en Afrique d’Est en Ouest : dans ce cadre j’apporte mon aide pour les choix d’arbres pouvant résister aux conditions environnementales. »

Pour la réalisation de ses projets et de ses recherches au laboratoire, Marie-Laure Follet-Gueye et Maïté Vicré travaillent de plus en plus avec des entreprises grâce au Carnot I2C –Innovation Chimie Carnot, principalement des entreprises agricoles. À terme, elles souhaitent trouver des alternatives à l’usage de pesticides avec des recherches basées sur le stress biotique dû aux pathogènes.

Toutes les deux sont d’ailleurs à l’initiative depuis deux ans de « journées thématiques » à Rouen appelées ROOT DAYS dont le but est de réunir les chercheurs travaillant sur la racine pour se connaitre et répondre ensemble à des projets nationaux voire internationaux.

« L’étude des stress abiotiques... »

  • Les récents incendies survenus en Australie ont-t-il eu un impact sur vos recherches ?

« Nos futurs projets de recherche déposés au niveau régional comportent des volets d’étude ciblant les stress abiotiques, ce qui est assez nouveau. Il existe maintenant de plus en plus de sujets de thèse et de projets sur le réchauffement climatique et sur le stress hydrique des plantes. Ce qu’il s’est passé nous montre que les prédictions faites ne sont pas pessimistes mais bien réelles. »

  • Quels conseils donneriez-vous à un étudiant ?

« Tout d’abord, il faut bien se renseigner, rencontrer des chercheurs et enseignants-chercheurs pour voir les différences dans leur quotidien. Si le métier lui plaît vraiment, il lui faudra être motivé et être préparé aux études longues. En effet, c’est un engagement sur la durée avec une entrée dans la vie active souvent tardive. »

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