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Rencontre avec un doctorant de l'Université

Boris Collet, laboratoire NIMEC

Doctorant en cinquième année en sciences de gestion au laboratoire NIMEC - EA 969 et Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) à l'IAE Rouen Normandie

"Mon travail de thèse porte sur l’indépendance comme mode de catégorisation des marchés au sein des industries culturelles. Je m’intéresse tout particulièrement au rôle des intermédiaires et de leurs dispositifs dans le processus de valorisation et de catégorisation sur le marché des musiques indépendantes."

  • Présentez-vous

Bonjour, je m’appelle Boris Collet, j’ai 30 ans, j’habite Caen. Je suis doctorant en 5e année en Sciences de Gestion à l’Université de Rouen Normandie rattaché au laboratoire NIMEC et ATER à l’IAE de Rouen depuis l’année universitaire 2019-2020. En parallèle je suis aussi musicien et co-fondateur d’un label associatif, activités qui, comme on le verra, ont beaucoup joué dans mon parcours.

Après mon bac obtenu en 2008, j’ai été diplômé du bachelor (Global BBA) de l’ESSEC en 2012, cursus durant lequel j’ai pu étudier un semestre à la Nanyang Business School de Singapour en 2011. J’ai suivi ce diplôme en alternance en tant que chef de projet marketing international chez Orange. Par la suite, j’ai eu envie de découvrir le milieu universitaire. J’avais volontairement choisi une école qui délivrait un diplôme en 4 ans (au lieu de 5 pour la plupart) afin de pouvoir postuler à des Master 2 à l’Université.

C’est ainsi que j’ai été admis au Master 2 Conseil et Recherche de l’IAE de Caen sans avoir une idée bien précise de ce que je souhaitais faire ensuite. D’abord attiré par la dimension conseil, mon intérêt pour la recherche a rapidement pris le dessus grâce, notamment, à ma rencontre avec mon futur directeur de thèse, le Pr Eric Rémy qui m’a permis de poser un autre regard sur les sciences de gestion en me faisant découvrir tout un pan de recherches alternatives prenant en compte les dimensions socio-anthropologiques de la consommation et des marchés. A cette époque, j’envisageais de travailler sur la consommation culturelle, qui était un axe de recherche développé par des chercheurs du NIMEC Rouen, sur le terrain des musiques indépendantes. Ce retour à Caen était aussi l’occasion pour moi de me rapprocher des groupes de musique dans lesquels je jouais et ainsi continuer à développer ma carrière de musicien que je suivais en parallèle.

En 2015, je m’inscris en première année de doctorat à l’Université de Rouen. J’ai eu la chance de bénéficier d’un contrat doctoral MESR de l’ED Economie-Gestion auquel j’avais candidaté avec un projet de recherche portant initialement sur la construction de la valeur artistique dans le cas du rock indépendant.

 

  • Quel est votre sujet de thèse (thématiques de recherche) ? Comment travaillez-vous avec les services et équipes universitaires en lien avec votre recherche ?

Mon travail de thèse porte sur l’indépendance comme mode de catégorisation des marchés au sein des industries culturelles. Je m’intéresse tout particulièrement au rôle des intermédiaires et de leurs dispositifs dans le processus de valorisation et de catégorisation sur le marché des musiques indépendantes. L’objectif est de comprendre comment l’indépendance a émergé en tant que nouvelle catégorie alternative au sein de l’industrie musicale et comment elle a ensuite évolué au gré des tensions avec ce que l’on appelle communément le mainstream. Adoptant des approches ethnographiques et historiques, j’ai pu retracer l’émergence et l’évolution de l’indépendance en tant que logique artistique, culturelle et économique présente dans différents secteurs (cinéma, musique, théâtre jeux vidéo, brasserie, etc.)

Plus largement, mes thématiques de recherche portent sur les dynamiques et le fonctionnement des marchés et les cultures de consommation et s’inscrivent dans le Thème 2 – Cultures, identités et consommation du laboratoire NIMEC. J’ai la chance d’y côtoyer nombre de chercheur.euse.s, jeunes comme confirmé.e.s, travaillant sur cet axe. Je salue en passant l’ensemble des doctorants du NIMEC avec qui je travaille et qui se reconnaitront. Les collaborations se construisent également avec des collègues d’autres champs disciplinaires. Je pense notamment au projet CultuR sur les pratiques culturelles des jeunes en Métropole réunissant des chercheurs de STAPS et de sciences de gestion auquel j’ai pu participer au début, ou encore au colloque Ethnographies et Engagements organisé en 2017 à la Maison de l’Université par trois unités de recherche de l’université de Rouen Normandie (le CETAPS, le Dysolab et le NIMEC).

Ce sont toujours des événements importants dans un parcours doctoral parfois solitaire et c’est aussi l’occasion de se rappeler de l’importance des personnels non-enseignants de l’Université qui sont très souvent d’une aide immense dans la mise en place de ce genre de projets.

 

  • A quoi ressemble une journée de doctorant ? (en quoi consiste le travail de thèse, investissement personnel…)

Ça dépend beaucoup de notre personnalité et du niveau d’avancement. En ce qui me concerne, il y a eu les journées studieuses à la bibliothèque, puis celles plus agitées de travail de terrain, les journées stressantes des premières expériences d’enseignement et celles des premiers colloques. Il y a donc des journées de travail plutôt solitaire, notamment pendant la rédaction de la thèse, ce qui est mon cas actuellement, et d’autres qui sont l’occasion d’échanger et de s’amuser avec mes camarades doctorant.e.s.

Plus globalement, je dirais que j’ai su apprécier le fait de pouvoir organiser mon temps de travail comme je l’entendais. En revanche il m’a souvent été difficile de me détacher du spectre de la thèse même dans les moments de détente. On y pense trop, tout le temps, partout et cela peut rapidement devenir pesant. D’autant que son poids se fait de plus en plus sentir au fur et à mesure que l’on se rapproche de la fin. Il faut apprendre à gérer ces moments.

 

  • A l’issue de votre doctorat, quel est votre projet professionnel ?

Je souhaiterais pouvoir continuer dans le milieu académique en tant qu’enseignant-chercheur malgré des perspectives peu engageantes, notamment avec la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Pour l’instant je suis focalisé sur ma fin de thèse. J’ai la chance d’avoir été renouvelé en tant qu’ATER à l’IAE de Rouen. Je prends les choses étapes par étapes.