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16 Variétés et diffusion du français
dans l'espace francophone à travers la chanson Numéro
coordonné par Michaël Abecassis et Gudrun Ledegen
Université d'Oxford et Université de la Réunion Peu
de linguistes se sont intéressés à la chanson en français
et à ses usages langagiers. Cet appel à contributions cherche à
combler un vide, car même si la chanson est copieusement citée comme
référence dans les journaux ou dans les manuels scolaires, elle
n'est peut-être pas assez considérée sérieusement
par les chercheurs pour donner lieu à des recherches approfondies.
La chanson populaire des années 20-30 regorge de tours et de formes traditionnelles
propres au langage populaire. Les chansons d'Aristide Bruant, de Mayol ou
de Maurice Chevalier qui ont été diffusées largement avec
l'avènement de la radio sont riches d'informations linguistiques
(faits de syntaxe, élisions hypercorrectes, lexique) qui n'ont que
très rarement été exploitées. L'exemple de La
Bolduc est révélateur de ce phénomène, car elle est
l'une des voix marquantes du Québec des années trente et son
parler, empreint d'argot et de vernaculaire qui s'inscrit dans la
tradition des chansonniers français, n'a jamais été
étudié du point de vue de la prononciation, de la syntaxe, ou du
lexique. Plus largement, la chanson en français nous semble communiquer
à la fois des valeurs culturelles, sociales et stylistiques.
Le cinéma francophone où la chanson est omniprésente
offre un champ privilégié d'analyses et cette dernière
mériterait d'y être analysée du point de vue linguistique.
Les comédies musicales, les interludes musicaux qui sont indissociables
de l'image ou les thèmes musicaux chantés ont fait de certains
films de véritables succès populaires. On peut citer par exemple
les films d'avant-guerre mélangeant à l'aube du cinéma
parlant, le muet, le parlant et le chanté comme Sous les toits de Paris
de René Clair ou Pépé le Moko de Julien Duvivier
avec d'anciennes stars du music-hall comme Fréhel et Jean Gabin.
Dans les films des années 30-40, la musique était utilisée
par des metteurs en scène comme Renoir, Carné ou Duvivier comme
un moteur indispensable au film et la plupart du temps elle véhicule un
message ou une morale : la chanson tient un rôle tout aussi important
dans le cinéma contemporain où elle s'intègre
dans la bande-sonore. Elle possède toujours une valeur esthétique
et idéologique comme dans certains films musicaux (on pourrait citer Les
Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy ou encore On connaît
la chanson d'Alain Resnais). Le cinéma français n'est
pas le seul à faire grand usage de la musique. Le cinéma africain,
par exemple, puise très souvent dans le registre musical inspiré
de la culture populaire (contes, paroles, chants) pour communiquer au spectateur/auditeur
les émotions ressenties par ses personnages. Notons également que
la musique est l'une des composantes de l'anthropologie visuelle.
Les danses et les chants accompagnent bon nombre de documents de Jean Rouch et
font l'objet d'études ethnographiques et anthropologiques. .
Ce numéro de ‘Glottopol' se propose d'élargir
la réflexion en traitant de l'utilisation qui est faite en didactique
de la chanson. Partout dans le monde, la chanson en langue française est
utilisée dans l'apprentissage du français aussi bien dans
les écoles qu'à l'université : l'enseignant
peut la mettre à son service pour illustrer aussi bien des différences
de registre et des variations, que des questions lexicales ou grammaticales. Dans
les manuels scolaires figurent, souvent pour la qualité des textes, des
extraits de chansons appartenant à différents genres de Jacques
Brel, à MCSolaar ou Bénabar en passant par les incontournables Georges
Brassens et Boris Vian. La chanson est perçue a priori comme
distrayante et ludique, ce qui en fait un corpus atypique. Est-ce justement cet
aspect ludique et oral qui la dévaloriserait, ou la déclasserait
par rapport à un texte écrit jugé plus littéraire?
Plus que l'oralité, c'est l'association à la musique
qui pose problème : le terme de chanson est une forme d'expression
populaire au XVIIIe-XIXe siècle, mais un peu comme les littératures
populaires qu'on a longtemps méprisées ce genre est maintenant
étudié par la critique.
Nous chercherons à recueillir dans ce recueil
d'articles des analyses linguistiques, sociolinguistiques et didactiques
qui s'intéressent à la chanson en français, aussi bien
dans la Métropole que dans tout l'espace francophone. Les auteurs
pourront par exemple se focaliser sur un corpus de chansons en français
à une époque donnée, ou suivre les usages langagiers d'une
manière diachronique. Toutes les formes musicales, que ce soient les comptines,
la chanson populaire, la chanson rap, ou la « nouvelle chanson à
texte », ont eu un impact sur les pratiques langagières de notre
société et il s'agit de déterminer dans quelle mesure
celles-ci ont pu influencer la langue française et nourrir notre imaginaire
collectif. Thèmes : - Description du
français de la chanson (phonologie, morphosyntaxe, lexique, sociolinguistique,
pragmatique, stylistique) - Variations régionales et diachroniques
du français des chansons - La chanson et la musique à
travers les médias (radio, cinéma et théâtre) -
La chanson utilisée dans la didactique du français langue étrangère
et second. Références ABECASSIS
M., 2005a, « French of the present and the past: the representation
of the Parisian vernacular in Maurice Chevalier's songs » in:
Linguistik online 25, 4, URL: www.linguistik-online.de/25-05/index.html
ANTOINE G. & MARTIN R., éd., 1985, Histoire de la langue française
(1880-1914), Paris, CNRS. ANTOINE G. & MARTIN R., éd., 1995,
Histoire de la langue française (1914-1945), Paris : CNRS.
BARBERIS J.-M., « Identité urbanisée, discours sur l'espace',
in Cahiers de sociolinguistiques » (sous presse). BOROWICE Y.,
2005, « La trompeuse légèreté des chansons :
De l'exploitation d'une source historique en jachère :
l'exemple des années 30 » in Genèses,
n° 61, décembre, pp. 98-117. DINVAUT A.M, 2006, « Le répertoire
des comptines et des chansons en maternelle : quelles langues, quelles cultures
? » in Bulletin suisse de linguistique appliquée, n°
83/1, septembre, p. 133-145. GANASSALI S., 1998, « Les mots qui
touchent : le marketing textuel appliqué à la chanson française »
in : http://www.cavi.univ-paris3.fr/lexicometrica/jadt/jadt1998/ganassal.htm
GARDES-TAMINE J., 1996, La rhétorique, Paris : Armand Colin/Masson.
TSCHIGGFREY T., 1995, « Procédés morphologiques
de néologie dans un corpus de chansons zouglou en français : Situations
du français » in Linx, 33, pp.71-78.
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vous voyez apparaître un texte mis en forme. Sauvegardez ce fichier
au format .doc en lui donnant le nom de votre choix dans le répertoire
de votre choix.
Caractéristiques de la feuille
de style Glottopol Mise en page: Format
A4 ; Marges = 2,5 cm (haut, bas, droite, gauche) ; Reliure = 0 cm ; En tête
et pied de page 1,25 cm. Style normal (pour le
corps de texte) : Police Times 12 points, sans couleurs, sans attributs (gras
et italiques sont acceptés pour des mises en relief) ; paragraphe justifié,
pas de retrait, pas d'espacement, retrait de première ligne positif= 0,5
cm, interligne simple. Titre de l'article : Police
Times 14 points, sans couleurs, majuscules, gras ; paragraphe centré, pas
de retrait, espacement après = 18 points, pas de retrait de première
ligne, interligne simple. Titre 1 : Police
Times 14 points, sans couleurs, gras ; paragraphe gauche, espacement avant = 18
points, espacement après = 12 points, pas de retrait, pas de retrait de
première ligne, interligne simple. Titre 2 :
Police Times 12 points, sans couleurs, gras ; paragraphe gauche, espacement avant
= 12 points, espacement après = 6 points, pas de retrait, pas de retrait
de première ligne, interligne simple. Titre
3 : Police Times 12 points, sans couleurs, italiques ; paragraphe gauche,
espacement avant = 12 points, espacement après = 3 points, pas de retrait,
retrait de première ligne = 0,5 cm, interligne simple. Notes :
notes de bas de page, numérotation continue, 1
2
3
; Police Times 10 points, sans couleurs, sans attributs (gras et italiques sont
acceptés pour des mises en relief) ; paragraphe justifié, pas de
retrait, pas d'espacement, pas de retrait de première ligne, interligne
simple. Bibliographie : Police Times 12 points,
sans couleurs, sans attributs (gras et italiques sont acceptés pour des
mises en relief) ; paragraphe justifié, pas de retrait, pas d'espacement,
retrait de première ligne négatif = 0,5 cm, interligne simple.
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