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Doctorante en sciences du langage, travaillant sur la notion dinterculturel, j'ai appris avec un vif intérêt l'arrivée de Benjamin Pelletier, formateur en management interculturel, à l'université de Rouen. Au-delà du sujet de ma thèse, les questions interculturelles me concernent personnellement parce que je suis bilingue et biculturelle (polonais/français). Dès le début de son intervention, Benjamin Pelletier a mis en valeur son statut de formateur expérimenté, qui a vécu dans plusieurs pays et a été en contact avec différentes cultures. Son regard sur les questions interculturelles est donc riche d'expériences personnelles, celles qui, d'habitude, nous apprennent le plus. En partant de notre tendance à s'identifier de façon négative par rapport à l'Autre, Benjamin Pelletier a souligné l'importance de dépasser les différences et de passer à la complémentarité. Il a également exposé les problématiques des formations en management interculturel et les enjeux de ces formations qui prennent toute leur importance dans le monde moderne, où les interactions culturelles sont de plus en plus complexes. En outre, Benjamin Pelletier a présenté les « risques interculturels » auxquels se heurtent actuellement de nombreuses entreprises et face auxquels elles sont, encore trop souvent, démunies. Tout au long de cette intervention sur le management interculturel, Bernard Pelletier a illustré son propos par de nombreux exemples qui nous ont montré l'importance de la prise en compte de la dimension culturelle dans le milieu professionnel. Pour conclure, c'était une intervention très réussie et intéressante pour les étudiants qui se préparent à effectuer un stage à l'étranger, pour les jeunes diplômés qui seront peut-être amenés à travailler dans un contexte international, pour les étudiants qui, comme moi, vivent à l'étranger ou travaillent sur les questions interculturelles... C'était une formation enrichissante pour tout un chacun, pour mieux comprendre l'altérité à laquelle nous sommes de plus en plus confrontés dans notre vie de tous les jours. Étudiante en Master 2ème année FLE, si la conférence à laquelle nous avons assisté sur le management interculturel était passionnante, elle doit nécessairement interpeller les étudiants, professionnels formés à la sociolinguistique. En effet il est important de garder un recul face à des recettes toutes faites et d'analyser les dérives possibles. La mondialisation que nous connaissons nous oblige certes à mieux envisager l'autre pour mieux communiquer mais pas pour mieux nous servir. C'est aux sociolinguistes qui travaillent sur les notions d'inter culturalité d'en faire un cheval de bataille et de prévenir du danger de catégorisation à des fins économiques. Les formateurs en management interculturel ont une réelle responsabilité face aux demandes de certaines entreprises... Lorsque nous nous contentons de raconter « une histoire unique » à propos de l'autre, qu'il soit une personne, un pays, un lieu - une entreprise - dans un pays alors nous nous trompons. La vie et la culture sont composées de plusieurs histoires de telle sorte qu'il n'y a jamais une seule histoire qui raconte l'autre, le lieu, la personne, le pays. Il y a toujours danger de catégoriser les cultures. Vouloir acquérir des compétences interculturelles dans le but de mieux manager, de mieux s'implanter dans un pays peut s'avérer dangereux. Mettre l'accent sur les différences plutôt que sur les ressemblances dans un but managérial peut aboutir à la négation de la culture de l'autre en tout cas ne peut qu'en donner une représentation incomplète donc stéréotypée. La compétence interculturelle doit être maniée avec beaucoup de précaution car elle nécessite une prise de conscience de ses propres capacités à ne pas projeter des représentations et met en uvre des compétences personnelles qui interrogent notre propre culture. Ecrire un manuel de management interculturel relève de la responsabilité de l'auteur. C'est comme le nucléaire une bombe... Adichie Chimamanda Ngazi, 2009, « Le danger d'une histoire unique » écrivaine nigérienne
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